Partager


Partager, dans ma pratique, c'est une intention réfléchie dès le début. La manière dont je cherche, les choix que je fais en concevant, tout est orienté vers un même objectif : que ce que je produis puisse être reçu, compris, utilisé par n'importe qui. 
Ce qui m'intéresse dans le partage, c'est la question de l'accès. Non pas au sens de la visibilité maximale, mais au sens de ce qui rend quelque chose réellement disponible à tous ceux qui en ont envie. Il existe des barrières d'accès sociales, économiques et culturelles, et je pense que le design peut agir dessus, à condition d'en avoir conscience dès la conception.  C'est une conviction qui rejoint mon attachement aux logiques de l'open source et de la propriété libre. Je suis persuadé que la connaissance et ce qu'on fabrique à partir d'elle devrait être questionnée, ce qui permettrait son amélioration par d'autres. Ce que j'aime dans cette idée, c'est qu'elle transforme un travail solitaire en quelque chose de collectif. Dès qu'un projet est partagé, il n'appartient plus seulement à celui qui l'a fait. Il peut être questionné, corrigé, prolongé. 
Partager engage aussi une responsabilité sur ce qu'on transmet et comment on le transmet. Le choix d'un médium ou d'une forme n'est jamais neutre mais conditionne ce qui peut être reçu et par qui. Ce que je cherche, c'est que cet impact soit juste, mesuré, orienté vers ce qui construit plutôt que ce qui referme.
Eco-kit et Atlas des gestes explorent chacun une manière différente de tenir cette exigence. L'un cherche à rendre accessibles des pratiques et l'autre questionne le médium lui-même.